Un mois après mon retour : le dernier article de mon blog

Avec cet article, je viens officiellement clôturer mon blog sur ma belle aventure de SVE en Finlande…

Voilà tout juste un mois que je suis de retour en France, dans ma petite et merveilleuse ville de Saint-Etienne (ou pas) ! Et tout va très vite finalement. Mes deux premières semaines ont été les plus compliquées dans le sens où j’étais complètement perdue, sans repères, étrangère à mon propre pays. C’est après cette phase… déphasant que j’ai commencé à reprendre mes marques. Le fait d’avoir un travail immédiatement à mon retour à ses avantages et inconvénients. Effectivement, je n’avais même plus le temps de penser à la Finlande. J’étais plongée dans mon poste, essayant de m’adapter rapidement et d’être opérationnelle sur les missions que l’ont m’a confié. Maintenant que je commence à prendre le rythme, la Finlande est plus présente dans mon esprit. Et depuis quelques jours, je crois que le contre-coup du retour commence tout doucement… C’est tellement étrange d’être chez soi, de reprendre finalement la vie que l’on avait avant le SVE, comme si rien ne s’était passé. Heureusement, mes collègues sont assez curieux, ce qui me laisse l’occasion d’en parler et de partager mon expérience. Hormis ça, je suis dans mes pensées, entre mélancolie et tristesse. Je ne me sens pas toujours à ma place en France et j’espère que ce sentiment passera vite. La Finlande me manque par dessus tout. C’est un poids sur le cœur que je porte continuellement. Je me donne un an et si rien n’a changé, who knows what can happen… Mais à l’opposé, je me sens aussi vide… Vide car je n’ai plus d’objectifs ni de rêves, et que ce sont les carburants de ma vie. J’ai quelques projets de voyages sur les deux années à venir, ce qui est génial. Mais là, j’ai juste besoin d’un but à suivre et d’une raison de me lever chaque matin.

Pour le moment, je suis un peu fatiguée de courir de partout. C’est l’inconvénient d’avoir eu un travail directement : je n’ai pas eu le temps de tout faire à mon retour et tout doit s’étaler sur mes fins de journées et mes week-end. J’espère vraiment que là aussi et d’ici octobre, tout sera rentré dans l’ordre.

Entre toute cette agitation, je commence aussi à prendre du recul sur ce que j’ai vécu et réalise à quel point c’était une expérience de dingue ! C’était de très loin la plus belle année de ma vie. Et, en même temps, j’ai l’impression de ne pas l’avoir vécu, comme si c’était passé bien trop vite… Comme si je n’avais pas assez profité alors que je sais très bien que si. Je me rends compte de ce que le SVE m’a apporté, notamment, en termes de confiance en moi. Je me sens plus affirmée, plus fière de ce que je suis. Je me sens complète d’avoir réalisé ce rêve qui me berce depuis si longtemps. Je suis contente d’avoir eu la chance, le courage et la volonté d’aller au bout de mes rêves. Je n’ai aucun regret concernant cette année et si c’était à revivre, je voudrais qu’elle se passe exactement de la même façon.

Je ris encore du choc culturel à l’inverse que je ressens depuis un mois. J’ai d’abord du m’acclimater au bruit ambiant français. Car, en Finlande, le silence est d’or et règne plus où moins de partout. En France et en ville, on sent l’agitation continuellement. Les gens parlent fort, les voitures, la vie en général. J’ai vraiment appris à aimer le silence en Finlande, à me poser au bord d’un lac et me laisser bercer par les bruits de la nature. Et c’est je pense ce qui me manque le plus actuellement. La forêt, l’odeur de l’air pur, le bruit de l’eau, … Tout ce que je n’ai pas en France finalement. Par ailleurs, j’avais oublié à quel point le français lambda ADORAIT se plaindre à longueur de journée… Un peu lassant quand on s’est habitué à ne pas dire ce qu’on pense, respecter les autres et ne pas se plaindre finalement. Faire la bise m’est pas toujours encore naturel, surtout quand je rencontre une personne pour la première fois, j’ai toujours cette petite hésitation. A l’inverse, c’est un véritable bonheur de retrouver l’alimentation à la française ! C’était ce qui m’avait le plus manqué. Manger à des heures françaises, avec entrée – plat – dessert, le top ! Autre chose, j’avoue que le côté chaleureux de la France m’avait également manqué, car la froideur finlandaise m’a parfois pesé, je ne peux pas le nier.

Je pourrais continuer longtemps à écrire ce que je ressens, mais je pense que je vais m’arrêter sur ces quelques notes de nostalgie. Mon blog restera ouvert mais je ne serai plus active dessus. Je sais par ailleurs qu’il attire beaucoup de jeunes qui n’osent pas se lancer dans l’aventure, et pour cela, je resterais toujours disponible pour répondre à vos questions. Il ne vous reste plus qu’à cliquer dans la rubrique Contact en haut de mon blog.

Enfin, pour ceux qui veulent tenter l’aventure, je vous le redis encore une fois : n’hésitez pas ! C’est seulement le début de la plus belle expérience de votre vie qui commence… Et au final, la partie la plus difficile, c’est le retour… Le retour au pays, au calme, à la routine, aux responsabilités, à la paperasse, et j’en passe…

Je n’oublierais jamais cette sublime année, ces douze mois plus que magnifiques. 

Nähdään pian Suomi ❤

 

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Mon retour en France

Me voilà en France depuis déjà deux semaines. Il m’a fallu un peu plus de temps pour vous publier cet article car, évidemment, j’ai été assez prise ces derniers jours.

Je suis donc rentrée le mercredi 9 août. Après des vols turbulent et en retard à cause de la météo, je suis arrivée à Saint-Etienne aux alentours des 20 heures. Le décollage à Helsinki m’a littéralement déchiré le coeur… Je réalisais que je partais pour de bon. Ma dernière matinée à été assez difficile entre le stress des valises et les derniers aurevoirs. Tous ces aurevoirs sur la dernière semaine m’ont totalement épuisée. Mentalement, la fin d’un SVE n’est pas simple et met KO. C’est dans ce genre de moment que j’ai réalisé à quel point j’étais attachée à mes liens finlandais et à quel point tout allait me manquer… Bref, le matin de mon retour, c’est ma tutrice qui m’a accompagné jusqu’à l’aéroport et qui m’a laissé en larmes, elle aussi. Durant le trajet, je savourais les derniers paysages finlandais que j’affectionnais tant. J’ai vraiment réalisé une première fois à l’aéroport que tout était fini. Mais, paradoxalement, j’étais tellement impatiente d’être chez moi, avec ma famille ! D’enfin retrouver tout le monde après une année d’absence. Au final, j’étais vraiment partagée entre deux sentiments. Les retrouvailles à Lyon ont été riches en émotions ! Et, bizarrement, je pensais à l’année dernière, quand j’étais au même endroit à dire au revoir à mes proches en me demandant ce qui m’était passée par la tête pour faire ce type de projet… La boucle était bouclée comme on dit.

Après ce retour, tout a été très vite. De nombreuses démarches administratives m’attendais car j’ai eu la chance de trouver un travail tout de suite après mon retour. J’ai commencé le 16 août, autant vous dire, que ça ne laisse absolument pas le temps de se poser !

Entre tout ça, je commence à faire le tour pour voir tous mes proches petit à petit. Mais, le retour n’est vraiment pas la partie la plus simple du SVE, bien au contraire… Depuis que je suis rentrée, je sens un vide en moi que je ne saurais décrire… Je suis là, en France physiquement, mais je crois que j’ai laissé mon coeur et mon esprit en Finlande… J’y pense tout le temps, je ne me sens pas non plus super bien. Et pour couronner le tout, je me sens étrangère dans mon propre pays. C’est une drôle de sensation. Le manque du pays est viscéral. C’est pas un manque nostalgique, c’est plus comme un besoin d’être là-bas… Reste à savoir s’il va prendre le dessus. Je ne suis pas fermée à l’idée de m’y installer définitivement, et cette petite voix dans ma tête qui me dit de sauter le pas ne veut absolument pas cesser… En plus de tout cela, j’avais quelques difficultés pour parler français les premiers jours, mais ça va mieux maintenant. J’ai aussi, je pense, un choc culturel à l’inverse. Certains aspects de ma culture me choquent car je pense avoir perdue l’habitude. Par exemple, faire la bise me semble tellement bizarre. De même, les français parlent fort, pour rien dire, se plaignent inlassablement, ne sont jamais contents, sont stressés et énervés, et tout cela m’a vraiment surprise. J’ai l’impression d’être au ralenti à côté d’eux, de prendre la vie à la légère.

De plus, je commence à voir comment le SVE m’a changée. Je suis moins stressée, je prends les choses avec plus de recul, j’ose plus, je n’ai pas peur. Et ça je l’observe énormément dans mon nouveau travail. Je n’ai pas peur de l’échec, je m’intègre beaucoup plus vite, je suis autonome et je prends plus rapidement les initiatives. Et tout ça me change la vie ! En fait, le SVE m’a totalement donné confiance en moi, et beaucoup savent à quel point j’en avais besoin. Ma vision des choses et mon fonctionnement ont été chamboulés assez positivement. C’est comme si je me disais « oh, tu as vécu un an à l’étranger, tu peux tout faire maintenant ». Ce sentiment de fierté, je l’ai très vite ressenti. J’ai rapidement dit « ça y est, je l’ai fait« . Car oui, il en faut du courage pour se jeter dans l’inconnu.

Mais, cette nouvelle routine qui s’impose à moi et brutale… Je n’ai plus la liberté que j’avais en Finlande. Je ne fais plus ce que je veux, quand je veux. Et ça… Ca me donne juste envie de repartir le plus vite possible ! Enfin, n’oublions pas que je suis revenue à… Saint-Etienne. Et croyez-moi, c’est pas la plus jolie ville de France. Voir tous ces immeubles, ce béton, ces rues dégradées, c’est pas la joie.. Mes lacs et ma forêt me manquent terriblement. Je n’aurais pas pensé que ça allait être aussi fort. Tout me manque. Helsinki, Vihti, les paysages, ma façon de vivre, … Je donnerais beaucoup pour remonter le temps un an auparavant et revivre cette si belle année qui est officiellement terminée. Mon rêve est terminé. Et je pense que ce vide vient de là aussi.

Voilà mes premiers ressentis à chaud après mon retour en France. Je ne ferme pas officiellement ce blog, car je reviendrai un peu plus tard avec un article plus détaillé sur mon bilan de SVE et sur mon retour sur du moyen terme et comment tout se déroule concrètement pour un ex-volontaire. Pour le moment, je manque cruellement de temps mais aussi de prise de recul. Alors je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve courant septembre ! 🙂 

12 mois : 13 juillet 2017 – 8 août 2017, retour sur mon dernier mois à la veille de mon retour en France

 Il fallait que ce jour arrive, tôt ou tard… Voici le tout dernier article de ma rubrique « un mois, un article ». Je ne ferais pas un long bilan de mon année car je le fais a travers tous les derniers articles que je publie actuellement. Mais voici un retour sur mon dernier mois en Finlande…

Ce dernier mois a débuté fort bien avec l’arrivée de Jennifer, Mylène et Mathilde pour une semaine de folie !!! Cette visite, programmée en fin de SVE était vraiment une bonne idée. Ca m’a permis de visiter les derniers lieux que je voulais voir et d’aller une dernière fois dans mes villes favorites. Et puis ça recharge les batteries pour les dernières semaines.

Durant ce mois de juillet, j’ai également travaillé à Harjulanmäki. La maison ou cinq des travailleurs de Kisälli vivent. C’était des longues journées de 11 heures (oui, oui… De 9h à 20h). Mais c’était tellement bien d’être avec eux dans leur quotidien, de faire des activités, de cuisiner avec eux, etc. J’ai vraiment apprécié ce mois la-bas. Et j’ai pu mieux connaître les collègues qui y travaillent que je ne faisais que croiser avant… Malheureusement. Depuis le 1er août, Kisälli à rouvert ses portes. C’est donc reparti pour une nouvelle année ! Je me souviens comme j’étais nostalgique le premier jour… Je réalisais que mon départ était imminent, et j’ai réalisé à quel point je devais profiter de chaque seconde qui me rapprochait de mon retour en France. Durant cette semaine, a eu lieu ma fête de départ. Nous sommes tous allées à Pääksalahti, mon endroit préféré de Vihti et aussi l’endroit où j’avais fait ma fête d’arrivée. Nous avons bu un café et manger. Puis… Est venu le moment où chaque personne est venu me voir pour m’offrir quelque chose et me dire un petit mot. C’était dure de ne pas craquer… Les larmes étaient là même si j’ai su me contenir comme j’ai pu. Je me suis tellement attachée à tout le monde que les au revoir sont un véritable déchirement.

Pour mon dernier week-end finlandais, j’ai décidé de la passer à Helsinki avec Sanna. Nous avons passé la majeure partie de notre temps au festival de rue Kallio Block Party. Il faisait beau, c’était noir de monde et j’étais en bonne compagnie. Que demander de mieux que de passer son dernier week-end de cette manière ? Les au revoir ont là aussi été difficiles. Cette semaine ma déchire complètement. Car je la passe à dire au revoir à des gens auxquels je me suis attachée sans vraiment savoir si je les reverrais un jour…

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Je me suis gardée le dimanche pour préparer toutes mes valises. Et c’est loin d’être bouclé ! Je suis à environ 25 kg alors que j’ai droit qu’à 23 kg… Je passe mon temps à les réorganiser comme je peux. L’année dernière, faire mes valises a été un vrai casse-tête car il fallait vraiment penser à tout, surtout car on part dans un pays aux milles saisons aussi marquées les unes que les autres. Mais alors revenir… Ok il n’y a pas besoin de réfléchir, mais c’est fou comme on peut entasser en 1 an ! Mais ce qui pèse le plus c’est de loin tous les cadeaux que l’ont ma fait sur l’année. C’est là que je me rend compte de tout l’amour que j’ai reçu.

Hier, était ma dernière journée à Kisälli. L’ultime journée. Elle a été interminable et tellement rapide à la fois. Mais dans tous les cas, elle a été épuisante. Je savais que ça allait être compliqué, et c’était bel et bien le cas. J’ai réussi à tenir bon toute la journée mais quand l’un des travailleurs handicapés vous tombe dans les bras en pleurant c’est… Le plus grand des déchirements. Je savais que ça allait être difficile, mais peut-être pas à ce point. J’ai moi-même craquée à la fin, une fois après les avoir raccompagné chez eux. J’étais aussi très contente de la visite de Soile Hovila, l’artiste avec qui j’ai travaillé qui est venu me dire au revoir, un bonheur ! S’en est suivi une fin d’après-midi chez Katja, une des personnes qui travaille à Harjulanmäki qui m’a elle aussi quitté les larmes aux yeux. Heureusement, ma colocataire m’avait prévu une bonne petite soirée autour d’un bon repas qui m’aura clairement changé les idées durant quelques heures. Ce lundi aura été la journée la plus éprouvante de tout mon SVE sans aucun doute. Je me dis que ça fait aussi partie de l’expérience, mais waouh, je comprends pourquoi le retour se prépare minutieusement à présent.

Aujourd’hui, j’ai passé ma toute dernière journée à profiter d’Helsinki. J’avais rendez-vous ce matin avec Mari Takalo, la coordinatrice de mon organisation pour un dernier bilan, puis, j’ai fais le tour de mes endroits préférés de cette capitale qui fait vibrer mon cœur depuis… 12 ans. Enfin, je m’en vais dans quelques instants pour un dernier repas chez ma tutrice.

Ce que je ressens est tellement dingue… Je suis à la fois triste de ces au revoir, triste de me séparer des gens qui m’ont accompagné durant cette belle année. Je suis triste que le plus grand rêve de ma vie prenne officiellement fin. J’ai aussi peur, peur de ce qui m’attend en France, peur de savoir si je vais ou non retrouver ma vie d’avant, peur de voir ce qui a changé ou pas. Peur du choc culturel inversé. Mais je suis aussi toute excitée à l’idée de retrouver ma famille, mes amis, qui m’ont cruellement manqué durant un an. Mais je ressens cette foutue nostalgie, comme si l’année qui venait de s’écouler défile sans cesse dans ma tête, avec tous les souvenirs qui vont avec. Voyager tous les week-end va me manquer, la nature va me manquer, les lacs, la forêt, le silence, cette liberté hors normes, cette vie qui n’appartenait qu’à moi, sans conséquences, sans responsabilités, sans stress, sans rendre de compte à qui que ce soit. Ce pouvoir de dire OUI à tout, de rencontrer du monde sans cesse, de n’avoir aucune pression, aucune question. La culture finlandaise va me manquer, car elle m’allait si bien. Les finlandais vont me manquer, ce respect, ce calme, cette façon de voir la vie si facile. L’hiver me manquera indéniablement avec son froid, sa neige et ces nuits interminables. Les changements de saisons également. Helsinki, ma belle Helsinki, tu n’imagine pas à quel point je t’aime. Le sentiment de sécurité de partout va cruellement me manquer aussi, se sentir bien, peu importe l’endroit ou l’heure. Bref, je pourrais encore continuer très longtemps comme ça, mais au final, c’est un tout qui va me manquer. C’est ma routine finlandaise, mes nouveaux repères, c’est tout ce que j’ai construit en un an qui va être détruit en une nano seconde. C’est le fait de ne plus m’arrêter toutes les cinq minutes à Vihti pour parler aux gens que je connais, c’est ne plus aller au S-market tous les jours et craquer sur des Korvapuusti un peu trop souvent. C’est ne plus faire 5 km de vélo par jour ou de prendre ses pauses au bord du lac. C’est ne plus parler à ses voisins. C’est une vie qui s’arrête en fait. Mais on dit que quand quelque chose s’arrête c’est qu’une nouvelle arrive, alors, j’espère que tout continuera aussi bien que cette année.

Je prends l’avion demain à midi. Je reviendrai ici avec un dernier article concernant mon retour en France afin de clore ce blog dans les règles de l’art car cet article a été vite écrit en raison du manque de temps. 

 

Ce que la Finlande et le sve m’ont apportés

En cette fin d’aventure, je voulais aussi vous présenter ce que la Finlande et le SVE m’ont apportés durant cette belle année.

  • Qu’est-ce que la Finlande m’a apporté :

Pour ceux qui ne le savent toujours pas, vivre en Finlande était le plus grand rêve de toute ma vie, celui que je prépare depuis ma plus tendre adolescence. J’avais tellement peur au début que mes attentes soient détruites par une réalité que je n’imaginais pas encore. Peur de la déception de l’idéalisation que je m’étais faite du pays. Après un an, je peux vous confirmer que c’est tout l’inverse qui s’est produit. La Finlande, c’est un peu le monde des bisounours : peu de monde, un respect hors norme, des paysages sublimes, des saisons bien marquées, que demander de plus ? Ok… Peut-être au niveau nourriture, ce n’est pas encore ça !

Bref, vivre en Finlande, et plus globalement hors de mon pays m’a permis de grandir intérieurement. J’ai encore appris tellement de choses sur moi-même. Parce que oui, quand vous quittez tout et sortez de votre zone de confort, pleins de choses se produisent. Parce que arriver dans un pays où vous ne connaissez ni la langue, ni la culture, ni les codes sociaux, demande une sacres dose d’adaptation. Alors, je me suis débrouillée comme j’ai pu. Je suis devenue une experte dans la qualité d’écoute, dans l’observation, dans la réflexion, dans la communication non verbale. Et sans vraiment m’en rendre compte, j’ai appris, je me suis intégrée et j’en ai même oublié mes propres codes jusqu’à ce que s’en devienne absolument normal. Partir vivre à l’étranger, c’est aussi dire au revoir à tous ses proches, c’est sauter dans l’inconnu, c’est s’imaginer tout ce qui nous attend. Et généralement, ça ne se passe pas du tout comme on l’avait prédit. Alors, il n’y a pas d’autres choix que d’être sociable, de parler avec toutes les personnes qui croisent mon chemin, même si ce n’est pas toujours simple, d’autant plus en Finlande. Et il y a des moments où c’est plus dure que d’autres, où la colère m’a gagnée car j’étais dans l’incompréhension. Car, oui, ça ou ça, ça ne se passe pas comme ça en France. Et c’est grâce à cette colère que j’ai accepté la culture dans laquelle j’étais plongée. C’est à ce moment que tout devient plus naturel, plus normal et que l’on se sent enfin chez soi, malgré que l’on soit à l’étranger. L’anglais devient normal, souple, naturel, plus facile que le français. Les gestes deviennent mécaniques, comme si finalement j’avais toujours vécu dans ce pays.

La Finlande aura répondu à toutes mes attentes, toutes mes envies. Je ne me suis jamais lassée une seconde de ce que ce pays a pu m’offrir pendant un an. J’ai appris à aimer le silence, le fait de ne pas entrer dans l’intimité d’autrui, le respect, les codes de travail, etc. Je ne me suis jamais ennuyée d’aller me balader dans la forêt ou de passer des journées entières au bord d’un lac. D’admirer les paysages sous la neige, les lacs gelés pendant des mois, ces longues nuits d’hiver, ou d’été, l’arrivée du printemps, la fonte des glaces et les couleurs d’automne. J’ai adoré parcourir le pays, totalement à l’aventure, sans rien ne jamais vraiment prévoir. Prendre le bus, rouler pendant des heures à ne plus compter, marcher, découvrir, visiter, rencontrer. J’ai réussi à faire tout ce que je voulais, je n’ai aucun regret, j’ai rentabilisé mon année au maximum, participer à tous les événements auquels je pouvais. Cette année n’aura pas été reposante du tout, mais tous ces voyages, tous ces souvenirs seront à jamais marqués dans mon esprit, et j’en suis déjà un peu nostalgique finalement.

J’ai compris pourquoi j’aimais tant la Finlande depuis toutes ces années, c’est sans doute parce que la culture colle totalement à ce que je suis personnellement. C’est aussi pour ça que je me suis facilement adaptée et que je n’ai jamais ressenti le mal du pays. (ok, une fois encore, peut-être niveau nourriture!)

  • Qu’est-ce que le SVE m’a apporté :

La SVE, quant à lui, m’a apporté beaucoup en termes de nouvelles connaissances, compétences et de renforcement des compétences déjà acquises. Tout d’abord, l’aspect artistique. Je ne vous cache pas qu’au début, j’ai pris peur… Effectivement, l’art et moi, ça fait à peu près… 15. Alors quand j’ai pris conscience de toutes les activités manuelles auxquelles je devais participer, je me suis dit que jamais je n’arriverais à relever le challenge… Et 1 an plus tard, me voilà diplômée dans l’art des métiers à tisser. Je peux alors pratiquer et enseigner la technique. Mon esprit artistique s’est développé au fil des mois. J’ai appris à lâcher prise quant à ma phobie bleue de l’échec, j’ai appris à me tromper, à recommencer, à devenir plus patiente, à être moins exigeante. Et ça fait du bien ! J’ai pu laisser mes idées aller comme je le souhaitais et mon côté super perfectionniste m’a permis de réaliser des créations plutôt bien réussies. Ca m’a aidé à avoir plus confiance en moi, aux choses que je créait, proposais. Et je sais que tout cela me serait très utile dans l’avenir.

Bien évidemment, il y a eu tout l’aspect social avec le travail d’accompagnement des personnes en situation de handicap. J’ai pu mettre en pratique toute ma formation de base et ainsi renforcer mes compétences telles que l’écoute, l’adaptation, la relation d’aide, l’accompagnement dans la vie quotidienne, etc. Et avec la barrière de la langue, tout devient différent. Cela demande une force d’adaptation, une qualité d’observation extrême, et qui prend toute l’énergie au début. Il faut parler autre qu’avec le langage, analyser, décrypter tous les gestes, de quoi ne pas être rassurer au départ. Après, les travailleurs de Kisälli ont aussi l’habitude de voir les volontaires défiler toutes les années et sont alors très compréhensifs. Ils m’ont tellement apporté, tellement appris, que ce soit sur la culture finlandaise, le vocabulaire, mais aussi sur l’aspect humain. La seule erreur que j’ai pu faire, c’est d’avoir complètement laissée tomber la distance professionnelle et je me suis alors très (trop) attachée à eux. Mais, quand on est volontaire à l’étranger, tout est tellement différent… On a besoin de repères, d’attaches, et ils m’ont tout offert. Et je pense que le plus dure, sera de loin de leur dire au revoir… J’ai aussi acquis une bonne connaissance du handicap mental, de l’aide sociale finlandaise autour du handicap et d’un fonctionnement totalement atypique de Kisälli – Harjulanmäki.

Ce projet m’a permis aussi de mûrir personnellement et professionnellement. Ayant peu confiance en moi, j’ai renforcé mon caractère, j’affirme mes idées, je reste sûre de moi à présent. Je suis encore plus courageuse (car oui, il en faut du courage pour faire un SVE!), plus déterminée qu’avant. Etant de base très indépendante, je le suis d’autant plus. J’ai réalisé que je n’avais pas besoin de grand monde pour aboutir à mes objectifs.

Mon projet a également demandé beaucoup de sacrifices… Une marche quotidienne de 10 km (pas facile en hiver…), des missions très restreintes qui ne m’ont pas permis une forte autonomie, du moins, pas celle que je souhaitais où imaginais. Vivre avec sa colocataire 24H/24 : au boulot, à la maison, tout le temps. Avoir peu d’intimité. Malheureusement, je suis tombée dans une année où TOUTE l’équipe à changé, où ma première colocataire à abandonné à mi-parcours. Bref, je me suis souvent retrouvée seule, sentie seule. Tous ces changements ont été stressant pour tout le monde, et d’autant plus pour moi, petite française perdue dans le Nord de l’Europe.

  • Retour global sur mon Erasmus + :

Le SVE fait avant tout parti du programme Erasmus +. Ce programme est célèbre pour les étudiants voulant étudier un semestre ou deux à l’étranger. Mais ce programme propose aussi de faire du volontariat dans le cadre du SVE, et ce, jusqu’à 30 ans.

L’expérience Erasmus est, comme beaucoup le diront, une expérience extraordinaire. C’est un peu comme être coupée du monde pendant 12 mois et vouloir être qui on veut, faire ce qu’on veut, avec qui on veut. C’est ce sentiment d’être totalement libre, d’avoir le pouvoir de dire « oui » à tout et sans conséquences. C’est une parenthèse dans sa vie. C’est pouvoir offrir de son temps à une cause qui importe tout en ayant le temps de voyager, de rencontrer pleins de monde. De vivre une expérience magique.

Bref, je pourrais continuer longtemps à parler de ce que je ressens, et finalement, cet article ne montre qu’une partie car il y aurait tellement plus à dire. Mais, je sais que beaucoup de personnes qui ont le projet en tête tombent sur mon blog, alors si je peux vous aider dans votre démarche : n’hésitez pas. N’ayez pas peur de vouloir vivre l’expérience qui sera sans doute la meilleure de votre vie !

La visite de Jennifer, Mylène et Mathilde du 15 au 21/07/2017

Je viens de recevoir ma dernière visite en Finlande pour une semaine, du 15 au 21 juillet. J’ai accueilli Jennifer, Mylène et Mathilde pour une semaine de folie ! De quoi finir mon SVE en beauté !

Je ne vous retracerait pas la semaine en détail car je vous ai suffisamment parler des visites que j’ai faite et refaite et je détaillerais surtout dans cet article les nouvelles choses et lieux que j’ai pu découvrir aussi, avec elles.

Samedi 15 juillet : nous sommes rentrées dans la nuit, vers 2 heures, donc avant tout, c’était place au repos et à la récupération avant d’attaquer la semaine. Le soir, nous sommes allées à Paakslahti, faire un pique nique autour d’un feu de bois dans le plus beau fireplace de Vihti.

 

Dimanche 16 juillet : en ce jour ensoleillé, rien de mieux que de ce rendre au parc national de Nuuksio, qui se situe entre Vihti et Helsinki. J’avais hâte d’y faire une randonnée car je savais d’avance que c’était vraiment un chouette endroit. Et, effectivement, nous n’avons pas été déçue. Si un jour vous passez par la Finlande et que vous rechercher des randonnées non loin de la capitale, c’est ici qu’il faut se rendre ! Mais gare aux touristes assez nombreux… Nous avons terminé la journée par un superbe sauna. Après l’effort, le réconfort, n’est-ce pas ? J’ai mis au défi les filles d’aller se baigner, défi relevé haut la main ! Ca va que l’eau était bonne à environ 20°C je pense. Après tout ça, une soirée détente a été la bienvenue.

 

 

Lundi 17 juillet : pour ce début de semaine, nous avons commencé par la visite globale d’Helsinki. Malheureusement, il n’a pas fait très beau le matin, ce qui à un peu gâché la visite mais ne nous a pas arrêté pour autant ! Nous avons fait le tour du centre-ville, de la place du marché et des halles fermées. Une fois le soleil levé, nous avons profité d’aller à l’hôtel Torni qui offre un joli panorama de la capitale. Avant de nous rendre au restaurant Lost in Helsinki (que je recommande à 100% par la même occasion!) nous avons fait le tour complet de la ligne n°3 du tram qui offre un tour complet des places principales à voir à Helsinki.

Mardi 18 juillet : au programme de ce mardi : Tampere ! Je tenais également à y aller car je savais que je me rendais pour la dernière fois dans l’une de mes villes préférée de la Finlande… Nous avons alors fait le centre-ville et sommes montées à l’hôtel Sokos, la aussi, pour admirer la vue. Nous avons manger dans un parc et nous avons fini la journée à Särkänniemi, l’un des plus grands parc d’attractions du pays ! Et en effet, il vaut le détour ! Nous avons eu notre dose d’adrénaline en faisant le plus grand manège du parc, le Hype. Et nous avons fait un tour dans le célèbre parc d’Angry Birds, car, oui, Angry Birds, c’est finlandais !

 

 

Mercredi 19 juillet : en ce milieu de semaine, direction une nouvelle destination pour moi aussi : Hanko. Tout le monde me parlait de cette ville en me disant que c’était super joli et que le dépaysement était total car ça ne faisait pas spécialement penser à la Finlande. Et, en effet, c’est une ville très méridionale avec des étendues de plages à perte de vue. Un peu plus et je me croyais dans le sud de la France ! Hanko est, je pense, l’un de mes plus gros coup de coeur finlandais ! Je me voyais déjà vivre dans une de ces si belles villas :p Je suis franchement tombée amoureuse de cette ville en bord de mer digne d’une station balnéaire. Nous avons passé une bonne partie de notre temps à la plage mais nous avons aussi visiter la ville, monté sur le phare pour admirer la vue à 360°, visité l’église puis avons longé le long du port avant de boire un verre en terrasse, comme on aime !

 

Jeudi 20 juillet : en ce dernier jour avec elles, nous sommes allées à Poorvo le matin, avant de rejoindre Helsinki pour notre dernière après-midi. Au programme : l’île de Seuraasari et le très célèbre et magnifique Café Regatta. S’en est suivi le retour à la maison et le bouclage de valises car les filles prenaient l’avion très tôt le vendredi matin…

 

Elles me manquent déjà beaucoup car c’était vraiment une semaine géniale avec elles ! C’était aussi pour moi mes dernières visites en Finlande, de quoi profiter d’autant plus mais aussi de réaliser à quel point mon retour est maintenant imminent.

Kuopio avec Nadège du 09 au 12/07/2017

Du 9 au 12 juillet 2017, je me suis rendue à Kuopio avec Nadège pour un voyage au top ! L’un de mes préféré de toute mon année avec un ENORME coup de coeur pour cette jolie ville !!! 

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Kuopio est une ville du centre-est de la Finlande. C’est la 8e ville du pays avec plus de 117 000 habitants. Elle est la capitale de la région de Savonie du Nord, c’est aussi la plus grande ville de la province de Finlande orientale. Ses habitants sont réputés pour être chaleureux et bavards.

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Lundi 10 : Après avoir rejoint Nadège chez elle à Jyväskylä en pleine nuit du dimanche au lundi, nous avons pris la route pour Kuopio lundi matin après un agréable petit-déjeuner dans un charmant café de Jyväskylä. Nous avons décidé de faire un stop à Suonenjoki car c’était la ville où Nadège y avait effectué son SVE il y a plus de cinq ans ! Nous sommes alors allées à Vanhamäki rendre visite à ses anciens collèges, sa tutrice ainsi que les volontaires actuels. C’était super sympa et à la fois intéressant de savoir ce qu’elle y avait fait. Après ça, direction Kuopio. Une fois nos affaires posées au Airbnb, nous avons tout d’abord visité le centre-ville. Nous sommes ensuite allées en haut de la tour Puijo qui offre une vue absolument fantastique de tout Kuopio à 360 °C ! Je crois que c’était la plus belle vue que j’ai eu de toute mon année en Finlande, et croyez-moi, j’en ai fait des tours avec vue sur la ville ! Ca m’en a coupé le souffle et presque émue de voir cette étendue de forêt, de lacs et d’île à perte de vue… Pour moi, il n’y a rien de plus magnifique que la nature à l’état brut comme à cet endroit. C’est dans ce genre de moment que je sais pourquoi j’aime tant ma Finlande. Pour le soir et habitant à côté d’un petit plan d’eau assez magnifique, nous avons décidé d’y prendre l’apéro et d’y passer toute notre soirée. A nous les bons sandwichs et le vin en tant que bonnes françaises que nous sommes ! Le couché du soleil fut plus que magnifique… Je crois qu’il n’y a même pas de mots pour décrire ceci. Je vous laisse simplement admirer les photos, qui sont sans aucune retouches.

Mardi 11: après une matinée assez tranquille, nous voilà à bord d’un bateau à vapeur pour une croisière d’une heure trente autour des îles de Kuopio, de quoi en prendre plein la vue ! Nous avons ensuite fait un petit pique nique dans un parc, puis parcourus une dernière fois les rues principales de la ville avant de reprendre tout doucement la route pour Jyväskylä. On a eu beaucoup de chance car il a fait très beau les deux jours (tellement que je suis une vraie écrevisse !) et qu’il a commencé à pleuvoir une fois arrivée chez Nadège ! Avant de rentrer, nous avons fait un stop chez Holy Crêpe, une française qui tient son camion de crêpes en Finlande pour le mois de juillet !

Le lendemain, il était déjà temps de rentrer… 6 heures de bus au total. Mon dernier voyage avec Onnibus, ça m’a fait tellement bizarre ! J’ai l’impression d’avoir passé tellement de temps dans ces bus rouge.

11 mois : 14 juin 2017 – 13 juillet 2017 où comment je me sens à un mois de mon retour…

Je ne pensais pas qu’on y serait si vite mais voilà… Mon avant dernier article de ma catégorie « un mois, un article ». Déjà 11 mois en Finlande, un SVE qui s’achève tout doucement… Retour sur cet avant dernier mois.

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Ce 11ème mois a été marqué par la fin de Kisälli. Fermé pour les vacances depuis le 30 juin, me voilà maintenant à travailler à Harjulanmäki. Pour le moment, j’ai fait seulement trois journées sur les neuf prévues. Ce sont des journées de 11 heures, donc autant vous dire que c’est loooong… ! Au programme : restez avec ceux qui ne sont pas en vacances, les accompagner dans leur journée, leurs activités, préparer le repas, le goûter, etc. Mais c’est aussi du ménage car on nettoie de fond en comble toute la maison : great ! Heureusement, il ne me reste plus beaucoup. Kisälli rouvrira ses portes au 1er août.

Côté météo, l’été finlandais est franchement pas top. Entre pluie et quelques jours exceptionnels de soleil, le thermomètre monte rarement au dessus de 20°C… En revanche, je remarque que les jours diminuent assez vite. Il recommence tout juste à faire presque nuit aux alentours de 00:00 ! Je ne suis plus gênée pour dormir maintenant. Ca fait du bien de voir qu’il fait plus sombre, car c’est assez fatiguant de vivre dans le jour H24. On sent que le cerveau ne comprends pas trop ce qui lui arrive. Au final, hiver comme été, la météo finlandaise fatigue pas mal le corps !

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Durant ce mois, il y a eu aussi le fameux Midsummer. Un événement dont je ne suis pas prête d’oublier !

Début juillet, je me suis rendue à la Gay Pride d’Helsinki. Je m’y rend chaque année à Lyon depuis mes 18 ans, c’est un événement auquel je tiens particulièrement à être présente. J’étais impatiente de pouvoir comparer les deux. En général à Lyon, nous sommes autour de 15 000 personnes chaque année. A Helsinki, nous étions 35 000 ! Cela peut sembler peu pour une capitale, mais n’oublions pas que nous parlons d’Helsinki. La parade n’était pas immense, il me semble qu’il n’y avait pas plus de cinq chars. Mais une fois arrivée à la fin, à Kaivopuisto, c’était noir de monde ! Ambiance détendue, bonne musique et encore et toujours de l’alcool qui coulait à flot étaient au RDV. J’ai adoré cette journée,  même si le soleil, lui, était aux abonnés absents…

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Enfin, pour clore ce 11ème mois, je rentre tout juste d’un séjour à Kuopio avec Nadège. Mais je vous en ferais tout un article très prochainement.

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Ce mois de juillet marque aussi le début des préparatifs au retour… Me voilà plongée dans ma recherche d’emploi, prenant des RDV par ci et par là, commençant à faire le tri dans mes affaires. Tentant de terminer mon Youthpass, etc. Mais dès demain, j’ai ma dernière visite qui arrive pour une semaine ! Cela tombe à pic, je pourrais oublier, le temps d’une semaine, que mon rêve se termine bientôt et je pourrais pleinement profiter une dernière fois de la Finlande en compagnie de Jennifer, Mylène et Mathilde.

  • Comment je me sens à quelques semaines de mon retour ?

C’est difficile à dire, je suis partagée entre tellement de sentiments différents… D’abord la peur. Partir c’est facile, mais alors revenir… C’est tout autre chose. J’ai peur de savoir ce qu’il m’attends en France, peur de ne pas retrouver ma vie d’avant finalement. Peur de ne pas retrouver de travail, de ne pas réussir à me poser, etc. Je suis aussi triste. Triste car c’est le rêve de ma vie qui s’achève doucement. C’est comme ci quelqu’un perçait la bulle dans laquelle je suis tout doucement. Comme si je revenais sur terre. Le début de la fin. Je suis aussi stressée, mais là et ceux qui me connaissent, vous n’êtes sûrement pas surpris ! Enfin, je suis aussi excitée et heureuse car je vais retrouver ma famille, mes amis, mes petites habitudes à la française, et je ne peux pas nier que ça ne me manque pas ! J’ai aussi vraiment hâte de profiter de la fin de l’été en France !! Bref, c’est un vrai bordel dans ma tête, je tente de profiter à fond de mes derniers instants en Finlande et en même temps mon esprit est de plus en plus en France…

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On se retrouve dans un petit mois pour le dernier article de cette rubrique, et faire le bilan de mon année de SVE en Finlande…

Mes conseils pour un SVE réussi

A travers cet article, je voudrais vous donner quelques conseils qui peuvent vous être utile pour un SVE. Je sais que beaucoup de futurs volontaires tombent sur mon blog et j’ai été contacté de nombreuses fois pour répondre à quelques questions. En SVE depuis presque 11 mois, voici toutes les réponses que je peux vous apporter.

Je resterais dans l’aspect très pratico-pratique, partant du principe que vous êtes déjà engagé avec une association et que vous connaissez déjà tous les aspects informels du SVE. Sinon, je vous renvoie à ma catégorie « Le SVE en quelques mots » pour savoir de quoi il s’agit. Cet article vise alors les personnes qui ont franchis le pas de se lancer dans l’inconnu de cette belle aventure.

Avant le SVE :

L’avant SVE est pour moi l’étape la plus importante. Personnellement, j’ai eu 8 mois pour me préparer. Beaucoup diront que j’ai eu de la chance, moi je dirais que c’était une attente interminable. Néanmoins, il est vrai que j’ai pris mon temps afin que tout soit prêt. Ainsi, voici la liste des choses à penser si vous partez en SVE long terme (10 à 12 mois).

L’aspect administratif : prenez-vous y quelques mois auparavant. Pensez à faire une carte européenne d’assurance maladie et contacter votre caisse de sécurité sociale pour préciser que vous partez et que vous n’aurez plus besoin des services pour une période donnée. En effet, vous allez bénéficier d’une assurance spécifique qui couvrira tous vos frais de santé lors de votre SVE. Pensez aussi à aller faire un dernier tour chez le médecin et de prévoir vos traitements pour la durée du SVE. En effet, les médicaments ne sont pas les mêmes d’un pays à un autre… Pensez aussi à votre petite trousse de secours avec tout le nécessaire dont vous pouvez avoir besoin.

Le logement : pensez à conserver une adresse française, sait-on jamais. Celle de la famille, d’un ami,…

L’argent : j’ai fait le choix de conserver mon compte bancaire français et d’adapter ma carte de crédit en fonction de mes besoins. Ainsi, je n’ai pas eu besoin d’ouvrir un compte en Finlande. Je trouve que c’est le plus simple, ça évite des démarches et de la paperasse. Si vous choisissez cette option, pensez à prendre RDV avec votre conseiller pour vérifier vos plafonds, vos options de frais à l’étranger,… De même, il est important de préciser que vous partez pour ne pas qu’ils pensent que vous êtes piraté.

Le travail : si vous êtes demandeur d’emploi, pensez à aller voir votre conseiller pour expliquer votre projet SVE et pour geler vos droits. C’est là aussi l’option que j’ai choisi. Ainsi, à votre retour, il ne vous restera plus qu’à débloquer vos droits. Conservez précieusement votre carte de demandeur d’emploi tout le long de votre SVE.

Le téléphone : voulant conserver ma ligne française, j’ai choisi de baisser mon forfait au maximum. Et j’ai bien fait car j’en ai constamment eu besoin quand je commande quelque chose sur Internet pour confirmer mon achat. Vous savez, le fameux code que l’on reçoit par SMS de notre banque… Ainsi, n’oubliez pas ce PETIT détail qui fait TOUTE la différence !

Pour le reste : n’oubliez pas de vérifier votre validité de carte d’identité et de faire un passeport (sait-on jamais). Pour cela, prenez-y vous le plus tôt possible car les délais peuvent être long selon la période à laquelle vous faites la demande et le lieu où vous résidez.

Les vêtements : si comme moi, vous partez dans un pays froid, va falloir la jouer stratégique. Etant partie durant l’été, j’ai eu de la chance. En effet, je savais que j’avais quelques mois pour anticiper l’arrivée des -30°C. Alors j’ai fait le choix de ne pas trop me charger. J’ai acheté mes vêtements techniques, bottes, chaussettes, gants, moufles, pantalon de ski, bonnets, écharpes,… En Finlande. Pour le reste, inutile de se charger trop : 2/3 jeans, quelques pulls, des hauts de mi-saison, des petits gilets, vestes, une bonne veste de pluie, et l’affaire est jouée ! Je ne vous conseille pas d’apporter un « manteau » car en Finlande, ce n’est pas ça qui vous tiendra chaud. Doudoune obligatoire ! Pensez également à 2/3 tenues pour sortir (grands évènements, soirées, fêtes de fin d’année,…). N’oubliez pas le maillot de bain. (même si vous partez au froid, va bien falloir faire des saunas!) 

Les valises : pensez à bien vérifier les tailles et poids dont vous avez le droit selon quelle compagnie vous allez voyager. Généralement c’est une grande valise de 23 kg + une valise cabine d’environ 10 kg (que vous pouvez remplir bien plus car ils ne la pèsent pas) + un accessoire. Autant vous dire que si vous partez longtemps et dans un pays froid comme moi : ça va être très compliqué ! Ainsi, faites une liste de tout ce dont vous avez besoin d’ESSENTIEL. Oubliez les produits, gel douche, shampoing et autres produits que vous pourrez acheter sur place. Pour ma part j’ai acheté la majeure partie de mes affaires d’hiver en Finlande car je manquais de place et ça reste des affaires lourdes et encombrantes. Soyez méthodique dans ce que vous choisissez d’emporter avec vous… De même, dites vous que vous partez les valises pleines à craquer, mais qu’un jour ou l’autre, il faudra rentrer… Et en étant à 11 mois de SVE, je peux vous garantir que l’on entasse comme pas possible. Sans oublier les souvenirs que l’on ramène, tous les cadeaux que l’on a reçu dans l’année, tous les papiers, les cours de langues, les vêtements que l’on a acheté en plus, etc. Gardez donc bien ça en tête (pour ne pas être dans la situation dans laquelle je suis actuellement…!). Concernant les différentes méthodes pour faire les valises, j’avais opté pour « le roulage ». J’ai donc roulé, un à un tous mes vêtements. Le gain de place est impressionnant !! Concernant les sous-vêtements, j’avais tout mis dans un grand sac sous vide, gain de place une fois de plus garanti ! N’oubliez pas de prévoir plusieurs paires de chaussures aussi : pour marcher, pour sortir, pour l’hiver, pour l’été,…

Pendant le SVE :

Si vous êtes bien préparé, pendant le SVE, je n’ai qu’un conseil à vous donner : PROFITEZ à fond de cette expérience qui sera, croyez-moi, la plus extraordinaire de toute votre vie. Savourez chaque jour qui passe et fait votre « to do list ». Foncez, voyagez, prenez en plein la vue et revenez avec des centaines de souvenirs !

Pensez à garder le contact avec vos proches car ils vous seront d’un grand soutien durant les moments difficiles. Apportez des photos pour décorer un peu votre chambre et faire en sorte de vous sentir « chez vous« . Bref, apportez et pensez à tout ce qu’il faut pour vous sentir bien.

Notez régulièrement ce que vous faites, pour ne rien oublier et préparer à terme votre bilan personnel ainsi que votre YouthPass.

N’oubliez pas non plus que votre association d’envoi est constamment présente en cas de besoin durant votre aventure. Merci l’UFCV de la Loire !

Après le SVE :

Etant encore en SVE pour un mois et étant plus ou moins encore dans le déni de mon retour, je ne peux pas encore vous en dire beaucoup dans cette partie. Le seul conseil que je peux vous faire, c’est de bien préparer votre retour de la même façon que votre départ. Anticipez autant que vous pouvez en recontactant les administrations concernées en précisant que vous revenez bientôt et en faisant le maximum de démarches avant de rentrer car tout va aller très vite… Et préparez-vous un bon petit programme de retour afin que le retour à la réalité soit le moins brutal possible.

En espérant que cet article puisse aider les futurs volontaires qui franchiront le cap de l’aventure SVE. Je reste joignable pour répondre aux questions, comme toujours ! 

Quand Kisälli ferme ses portes pour l’été…

Et voila… En ce vendredi 30 juin 2017, c’est la fermeture de Kisälli pour les vacances d’été qui dureront un mois. Mais pour moi, ça représente tellement plus… La fin d’une année, la fin très proche de mon SVE… Retour sur 10 mois à Kisälli.

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Je n’ai pas vraiment parlé de mon volontariat ici et c’était bel et bien un choix de ma part. Effectivement, même si j’ai aimé mon volontariat, j’ai rencontré des difficultés que je ne détaillerais pas forcément sur mon blog. Disons simplement que les quatre premiers mois ont été difficiles dans le sens ou l’équipe ne me laissait aucune marge de manœuvre pour proposer des idées/projets. C’est entre décembre et janvier que tout a changé. En effet, l’équipe a été entièrement renouvelée suite au départ à la retraite de mon ancienne chef d’atelier, au départ des deux assistantes personnelles de deux travailleurs handicapés ainsi que l’abandon de ma première colocataire et volontaire sur le projet. Je me suis retrouvée la plus ancienne de l’atelier. Tout ce changement a généré beaucoup de stress, et même pour moi. Effectivement, je reste une étrangère qui doit perpétuellement m’adapter à toutes les situations, donc ce n’était pas tous les jours faciles. Bref, Mari est arrivée début janvier et à changé Kisälli de fond en comble en prenant un virage à 360° qui nous a fait le plus grand bien. Elle m’a aussi rendue très importante au sein de Kisälli dans un moment où je me sentais totalement seule et incomprise. Elle a su tirer les bénéfices de mes compétences de CESF, et je ne la remercierais jamais assez pour cela. Après son arrivée, ainsi que celle d’une nouvelle assistante personnelle et de ma nouvelle colocataire, tout est plus ou moins rentré dans l’ordre en termes de travail. Tout allait mieux, il n’y avait plus cette tension inutile qu’il y avait auparavant et cela c’est vraiment fait ressentir sur tout le monde. Mon autre difficulté résidait dans le fameux problème de la marche, mais je ne préfère même pas en parler ici car rien que d’y penser, ça encore le don de me mettre hors de moiAu final, le changement d’équipe aura été plus que bénéfique pour tout le monde, et je pense qu’à présent, les volontaires ont toute leur place sur ce projet.

En revanche et durant ces dix mois, j’ai énormément appris, surtout tout ce qui concerne les activités manuelles. Les différents projets que l’on a mené sur l’année m’ont tous plus les uns que les autres. Et on a fait tellement de choses que je compte en faire un article vous expliquant tout cela. Mais c’est fou de se dire qu’il y a dix mois auparavant, je ne savais pas faire grand chose de mes mains, et qu’aujourd’hui… C’est tout l’inverse.

Enfin, ce qui représente la partie la plus importante sur ce lieu de travail, c’est bien les neuf travailleurs handicapés… Je me suis tellement attachée à eux, surtout qu’à un moment, je n’avais plus qu’eux. Je me levais les matins juste pour eux. Et puis un jour, j’ai laissé tomber la distance professionnelle, et ça été le début de la fin pour moi. L’attachement est devenu de plus en plus fort jour après jour. Aujourd’hui, je me demande comment je vais gérer le départ et les au revoirs car ils représentent ma motivation, ma bonne humeur au quotidien. Je me lasse jamais de travailler en leur compagnie qui m’est tellement importante. Bref, je ne détaillerais pas trop non plus en vue du prochain article.

Mais voilà… Il ne me reste plus qu’une semaine à travailler après la réouverture en août et tout sera fini… Et c’est dure de se dire ça car en un an, on a le temps de prendre ses marques, ses aises, et tout fini par être aussi naturel que n’importe quel autre lieu de travail. En attendant la réouverture, je vais travailler la ou cinq des neufs travailleurs handicapés vivent : Harjulanmäki. J’y ai travaillé quelques weekend dans l’année et je connais bien la maison puisque je vais les récupérer ou les ramener tous les jours. J’ai hâte de les voir dans leur contexte de vacances et de profiter de l’été avec eux. Je travaillerai 11 heures par jour (oui, vous avez bien lu…) mais je ne travaille que 9 jours sur tous le mois de juillet, me laissant deux semaines et demie de vacances pour profiter à mon tour de mes dernières semaines finlandaises.

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Juhannus / Midsummer 23.06.2017

Ce week-end et comme partout dans le monde, nous passons le solstice d’été. Autrement dit, nous vivons le jour le plus long de l’année avant que cela recommence à diminuer jusqu’au solstice d’hiver. En Finlande, c’est une date très importante et c’est pourquoi je vous consacre un article sur mon midsummer à moi.

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La Saint-Jean en français, le midsummer en anglais ou encore le Juhannus en finnois. C’est l’une des fêtes les plus importantes en Finlande après Noël. La Saint-Jean est en Finlande un jour férié national de toute première importance. Initialement destinée à célébrer le solstice d’été, cette fête a très souvent pour cadre la résidence secondaire des Finlandais, où ceux-ci se réunissent entre amis et en famille pour passer du bon temps au vert, que ce soit en faisant la fête ou en pratiquant le farniente.

Le solstice d’été est considéré comme le premier jour de la belle saison. Il faut noter que le soleil se montre pratiquement aussi généreux de jour comme de nuit : en fait, les nuits sont « blanches » dans le pays tout entier.

Les traditions les plus caractéristiques des festivités de la Saint-Jean consistent à allumer des grands feux et à sacrifier au rituel du sauna. Depuis quelques décennies, les Finlandais ont aussi pris l’habitude de se réunir autour de barbecues à l’occasion de l’entrée dans l’été, ou encore de profiter de leur séjour au chalet. Historiquement, il existait aussi en Finlande une tradition populaire voulant qu’on pratique des actes de divination au moment du passage à l’été, ces rites étant d’ailleurs souvent liés à la volonté de s’attirer les bonnes grâces des divinités afin de se trouver un époux ou une épouse et être gratifié d’une nombreuse progéniture. La tradition veut que l’on récolte sept différentes fleures d’été que l’on place sous l’oreiller. Parait-il que l’on rêverait de notre futur mari.

Me concernant, j’ai décidé de passer mon Juhannus à Vihti, sachant d’ores et déjà qu’Helsinki serait totalement vidée de ses habitants. En arrivant au centre-ville de mon village, la surprise était la ! Je n’ai jamais vu autant de monde et de festivités à Vihti ! Il y avait deux scènes de musique et des stands un petit peu de partant, menant jusqu’au grand feu. J’étais en compagnie de Sanna, l’une de mes anciennes collègues de Kisälli ainsi qu’une bonne partie de sa famille. Nous avons flâné entre les stands, mangeant par ci par là et se promenant autour de la musique. J’étais tellement dans le cliché à manger mes « makkaraperuunat » (saucisse traditionnelle finlandais accompagnée de « frites ») ainsi que ma Lettu (l’équivalent plus ou moins de nos crêpes françaises). J’ai aussi réalisé à quel point j’ai construis ma vie à Vihti avec le nombre de fois où l’on m’a arrêté pour discuter avec moi (et mes piquer mes frites !!!). Je connais vraiment de plus en plus de monde et c’est dans ces moments que l’on se sent intégrée, malgré que je ne sois pas finlandaise. Les gens n’ont eu aucun mal à m’accepter et à prendre plaisir à parler anglais avec moi, un vrai bonheur. Bref, on était impatientes d’être 22:00 car il était prévu dans tout le pays une danse sur un tube de l’été interprété par Robin avec pour titre « Hula Hula ». Robin n’est pas mon artiste favoris, mais je ne sais pas pourquoi, j’adore cette chanson. Je sens qu’elle va me rappeler mon été en Finlande.. Bref, j’ai filmé la musique/danse et ça donne CA. Je trouve l’idée géniale ! Il a fallu attendre une heure de plus avant que le grand feu soit allumé. Départ de celui-ci à 23:00 ! C’était beau à voir tellement il était graaaand ! Ça a pris plus d’une heure pour qu’il s’éteigne tout doucement. Des centaines de personnes étaient là à admirer comme nous, nous pouvons admirer nos feux d’artifices. C’était assez magique car il ne faisait pas nuit, et ça réchauffe à des centaines de mètres tout autour du feu. Depuis le temps que je voulais vivre ce moment, c’était merveilleux ! On a fini la soirée chez la cousine de Sanna avant de reprendre la route pour la maison.

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